lunedì, novembre 19, 2007

Nella notte. Appena sopraggiunge la notte, il nostro sentimento delle cose prossime cambia. C’è il vento, che si aggira per vie proibite, sussurrando, come cercando qualcosa, irritato di non trovarlo. C’è la luce della lampada dal cupo bagliore rossastro, che guarda stanca e che lotta riluttante contro la notte, schiava impaziente dell’uomo desto. C’è il respiro del dormiente, il suo orrido ritmo, per il quale una cura sempre ritornante sembra suonare la melodia, - noi non la udiamo, ma quando il petto del dormiente si solleva, ci sentiamo stringere il cuore, e quando il respiro si abbassa e quasi si spegne in una quiete mortale, noi ci diciamo “riposa un poco, povero spirito tormentato!” – noi auguriamo a ogni vivente, perché vive così penosamente, un’eterna quieta; la notte persuade alla morte. – Se gli uomini facessero a meno del sole e conducessero con luce lunare e lume a olio la lotta contro la notte, quale filosofia mai li avvolgerebbe con i suo velo? Già troppo infatti si nota dalla natura intellettuale e spirituale dell’uomo, come essa sia in complesso offuscata dalla metà di oscurità e privazione di sole, onde la vita viene ricoperta.

 
(Nietzsche)

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sabato, novembre 17, 2007

« Ne s’agit il pas de délivrer du Géant monde, du dragon qui la tient prisonnière au fond d’un appartement de laideurs et de craintes, une femme très pure, une femme éphémère qui ne durera que le temps d’un sanglot ? Puis je la chercherai vainement au milieu des arbres sans visage qui attendent debout la station de correspondance ou l’instant d’émerger dans le vent et la pluie au cœur de l’univers sinistre qu’ils n’ont pas sous terre dépouillé. Métamorphoses. Le trouble vient de l’ignorance où nous sommes des lois qui président aux métamorphoses. On ne sait jamais si l’on n’est pas le jouet de son propre désir, et si cette passivité que je prends pour un acquiescement n’est pas l’effet d’une distraction redoutable. Ce que veut une femme, ce qu’elle attend de moi, qu’en sais-je ? Mes mains ne peuvent même pas s’emparer du sphinx, l’énigme est le désir du sphinx, et c’est à moi de poser les fatales questions. Langage du toucher, allusions des corps. Le comportement des femmes varie comme le ciel et comme lui imprévisible ne se laisse interpréter que sûr des signes douteux, vol des oiseaux, formes mouvantes des nuages, situation des astres : on croirait que celle-ci vous cherche, tant elle s’est approchée, tant ses doigts sont voisins, tant sa respiration est haletante, et puis c’est une morte, un mur. »

 

Aragon, L’Instant in La Défense de l’infini

 

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lunedì, novembre 12, 2007

L’ordinateur est construit pour faire barrage à la main, faire écran à la véritable audition, appauvrir le vocabulaire, donc les sensations, se plier à la fabrication. Le tour de main, lui, a lieu, comme une perfusion à l’envers, le sang d’encre négatif, biliaire ou mélancolique, se transforme en encre-sang positive, en sang bleu. Quelque chose coule, mais reste embrassé. Ca respire.

Se prendre, ou se reprendre, en main : expressions justes. L’esprit est une main.

(Philippe Sollers, Un vrai roman, Plon)

 

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domenica, novembre 11, 2007





L'Aventin


J’aurais aimé avoir le temps de retourné sur l’Aventin, d’y flâner longuement, d’explorer ses rues une à une, en prenant pour point de départ la magique petite place de Piranèse, et le portail de son prieuré de Malte au trou de serrure emblématique en forme d’oeil. Quartier secret et vert, aéré, plein de silence, où il semble toujours en effet qu’un oeil vous suive sans qu’on le voie au long des rues feuillues, et qui paraît défendu plus que les autres contre le promeneur. C’est derrière les murs qui enclosent la rue Sainte-Sabine, et qui doivent cacher les jardins de couvents, autour de Saint-Alexis, que j’aurais cherché les mystères de Rome, qui par nature n’en a pas tant puisque (le Vatican bien sûr mis à part) tous ses viscères nobles mis à l’air, elle est la seule ville au monde qui ressemble à une autopsie.

Julien Gracq, Autour des septs collines


 

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venerdì, novembre 09, 2007

L' église, omniprésente à Rome ...

Reposoirs d’art, à dominante mystique, mais plus d’une fois aussi marqués d’une forte coloration sensuelle et même érotique, comme à Santa Maria della Vittoria, elles donnent le sentiment à Rome – depuis les mosaïques frigides et roides des anciennes basiliques jusqu’aux boudoirs du Bernin et de Borromini – de s’être, par un mouvement lent et irrésistible, ouverte peu  à peu, toute portes battantes, aux rêves quotidien qui montent de la rue comme aux caprices changeant du désir et de l’immagination.

Julien Gracq, Autour des septs collines, José Corti

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venerdì, novembre 09, 2007
DIO
Credere in Dio vi dispensa dal credere in qualsiasi altra cosa – il che è un vantaggio inestimabile. Ho sempre invidiato quelli che vi credevano, sebbene credersi Dio mi sembri più facile che credere in Dio

Cioran, Confessioni e anatemi

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sabato, novembre 03, 2007

Athéisme et laïcité me sont étrangers, étrangers. Mais tout regard laïc (la laïcité : ce dérisoire besoin que l’homme « existe » avec ses maux et ses mots, sa petite part de liberté individuelle pour l’imager, le gérer, l’ingérer) posé sur quelque être que ce soit, devient un acte criminel. Tout manquement – et j’en sais long là-dessus – à la Loi laïque : immédiatement psychiatrisé !Encore une fois, il est impossible de penser – mais humain et non-humain sont-ils pensables ? – avec quelque force l’humain sans ce non-humain qui le traverse visiblement et le fait se mouvoir, se tenir debout.

( Guyotat, Les yeux de Dieu)

Ateismo e laicità mi sono estranei, estranei. Ma ogni sguardo laico (la laicità: questo derisorio bisogno che l’uomo “esista” con i suoi mali e le sue parole, la sua piccola parte di libertà individuale effigiata, gestita, ingerita) posato su qualsiasi essere, diventa un atto criminale. Ogni mancanza – e la so lunga in merito – alla Legge laica: immediatamente psichiatrizzata! Ancora una volta, è impossibile pensare – ma umano e inumano sono pensabili? – con qualche forza l’umano senza questo inumano che lo attraversa chiaramente e lo fa muovere, lo tiene in piedi.

( Guyotat, Gli occhi di Dio)

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sabato, novembre 03, 2007

Il cerchio dei vivi
L’insieme, ora del vento
L’altra morte
Tutto ci condanna, al silenzio
Un arco di parole
Schierate, nella luce
Forma di questo mondo.

 
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“Dans le halo de la mort, et là seulement, le moi fonde son empire ; là se fait jour la pureté d’une exigence sans espoir ; là se réalise l’espoir du moi=qui=meurt (espoir vertigineux, brûlant de fièvre, où la limite du rêve est reculée) ”.

(G. Bataille, L’expèrience intérieure)

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“La terra, sotto quel corpo, era aperta come una tomba, il suo ventre nudo fu per me come una tomba fresca. Eravamo folgorati di stupore, amandoci sopra quel cimitero stellato. Ognuna di quelle luci indicava uno scheletro in una tomba, ed esse formavano così un cielo vacillante, torbido come i movimenti dei nostri corpi mescolati. Faceva freddo, le mie mani affondavano nella terra…”

(G. Bataille, L'azzurro del cielo)

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“Dans un ordre arbitraire où chaque élément de la conscience de soi échappe au monde (absorbé dans la projection convulsive du moi), […], il est possible de représenter ce moi « en larmes ou anxieux » ; il peut également être rejeté, dans le cas d’un choix érotique douloureux, vers un moi autre que lui…”

(G. Bataille)

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“La mort qui me délivre du monde qui me tue a enfermé ce monde réel dans l’irréalité du moi qui meurt”. 

(G. Bataille)

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“L’être que je vis ne me prendra pas, et je ne prendrai pas cet être pour mourir et pour m’en aller, mais pour parvenir à m’en détacher et ne pas sombrer dans l’illusion dernière qui consiste à croire que je ne suis que le corps où la vie m’avait enterré, il me faut cette main de pitié que la force Antigone de l’être avait su détacher de son être contre l’être où elle se voyait”.

(Antonin Artaud, Nouveaux écrits de Rodez)

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